Architecture originale pour la maison de l’habitat de Lille

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Architecture originale pour la maison de l’habitat de Lille

Les lillois peuvent enfin s’informer sur les enjeux énergétiques , et ceci dans un lieu très surprenant, entre volière et serre bioclimatique. Visite de la Maison de l’habitat durable, création architecturale exemplaire insérée entre les murs en brique d’une halle vénérable.

C’est au détour du marché de Wazemmes et de ses étals bariolés que, poussé par les effluves d’épices, vous tomberez peut-être, au hasard d’une rue calme, sur une toiture en sheds, celle de la Maison de l’habitat durable de Lille. À l’image de sa charpente, aux versants accidentés typiques de l’industrie du Nord, la réhabilitation de cette ancienne école d’apprentissage a été une histoire en dents de scie.

Plusieurs années ont en effet été nécessaires à la mise en route du projet, et c’est finalement en 2011, à l’issue d’un concours, puis d’un dialogue compétitif et enfin d’une procédure d’attribution qui a duré un an, que la transformation dé l’ancien établissement en brique est confiée à l’Atelier 9.81. Au fil des projets, les architectes de cette agence lilloise ont pris l’habitude de questionner les programmes et celui-ci ne fait pas exception. C’est en étendant l’enveloppe du bâtiment d’origine vers l’extérieur, hors de l’emprise allouée, que les concepteurs trouvent leur parti. Ils poussent leur périmètre d’action sur la cour adjacente, exposée plein sud, à l’interface entre l’édifice et la mairie de quartier, pour adjoindre au vieil ouvrage une serre bioclimatique. Pour le reste, leur philosophie est simple: intervention minimale sur l’existant.

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Monolithique, la construction impressionne par la sensation d’espace qui s’en dégage:« Nous avions hérité d’un bâtiment qui portait déjà en lui une très belle matière, et dans lequel on pouvait embrasser d’un seul regard toute la charpente, estime Geoffrey Galand, architecte à l’Atelier 9.81. Dès le départ, nous avons donc pris le parti d’en enlever et d’en ajouter le moins possible. » Pour ne pas dénaturer l’esprit du lieu, le toit est donc quasiment conservé en l’état, au prix d’intenses débats avec les bureaux de contrôle, pour sauvegarder les poteaux en fonte soutenant la structure.

Au final, pour préserver l’incroyable sentiment de volume de l’édifice, les concepteurs choisissent d’utiliser un système de mezzanines reliées par des passerelles. Leur armature métallique légère se positionne sur deux hauteurs différentes. Cette alternance a de multiples avantages: elle protège d’abord la qualité spatiale du lieu, en maintenant les vues sur la charpente, mais en assure également la qualité acoustique, puisque cette juxtaposition de modules de tailles variées casse la réverbération du son. «Si le bâtiment doit avoir encore une nouvelle vie, il sera également possible de les démonter, pour retrouver l’état d’origine du site!» précise Geoffrey Galand.

Jardin Pédagogique

L’une des plus importantes modifications se situe au cœur de la surprenante toiture, où une terrasse suspendue prend la place de l’un des sheds et se glisse entre les pignons, conservés tels quels. L’endroit accueille désormais un jardin pédagogique. «Des matériaux utilisés aux plantations en bac, la scénographie en explicite tous les aspects pratiques, raconte l’architecte. C’est également un lieu où les panneaux solaires sont clairement visibles, de façon à sensibiliser le public aux énergies renouvelables.» Dans l’édifice, le végétal est par ailleurs largement mis en valeur. notamment à l’entrée, dans la serre bioclimatique, où débute le parcours du visiteur: «C’est un sas symbolique dons lequel on chemine ou milieu des plantes, pour ensuite pénétrer par le milieu dons le bâtiment principal»

Une banque d’accueil y distribue deux espaces: l’un est dédié aux expositions; l’autre, baptisé «guichet unique », coche plusieurs bureaux. De l’énergie à la construction, chaque aspect du développement durable y possède son expert, prêt à renseigner l’intéressé. «L’objectif du lieu, c’est d’avoir réponse à tout: un jour, peut-être, ce principe sera développé partout en France 1».

En attendant, la Maison de l’habitat durable se veut exemplaire: dans la serre, largement exposée aux rayons du soleil, l’air chaud est récupéré et réinjecté dans le volume pour un complément de chauffage gratuit, résolument respectueux de l’environnement. Les tubes d’une chaudière à gaz située au sous-sol, dispositif de secours pour les bâtiments attenants (mairie de quartier et salle Baggio), circulent en secret dans l’ancienne cheminée. Cet ultime témoin de l’utilisation industrielle de la halle est désormais surplombé d’un cube lumineux, qui fait office de phare dans la ville. À Lille, le développement durable semble avoir trouvé ses lumières …

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